Yvan Scetbon

Psychologue Clinicien • Psychanalyste • Haptopsychothérapeute •

Praticien en ICV (intégration du cycle de vie) • Supervision

L'HAPTOPSYCHOTHERAPIE
L'art de la relation dans sa dimension thérapeutique

Les agressions traumatiques subies dans l'enfance
surviennent à des stades de développement où,
l'organe de la pensée n'étant pas complètement formé,
seuls les souvenirs physiques sont enregistrés.
Sandor Ferenczi

 

Qu’est-ce que l’haptopsychothérapie ? 

L’haptonomie s’est développée à partir du constat de l’importance et du rôle de l’affectivité dans les rapports humains, en particulier dans le développement psychique et affectif de l’enfant. Cette qualité des relations et des interactions entre père, mère et enfant, s’exprime dans un contact tactile respectueux et tendre. Cela permet la maturation et l’épanouissement de l’être en devenir. Ce que confirment les développements actuels des neurosciences et des sciences du comportement.

L’haptopsychothérapie prend en compte la globalité de l’être d’une personne, en souffrance psychique ou vivant un malaise existentiel. C’est une approche affectivo-psycho-corporelle.

Le thérapeute met en œuvre cette dimension affective, essentielle dans les rapports humains :
-par une approche pleine de bienveillance et de respect,
-dans un accueil inconditionnel de la personne telle qu’elle est,
-dans la confirmation que chaque être est fondamentalement « aimable »,
-par le soutien du potentiel, des dons et talents (exploités ou non) que chacun détient en soi depuis son origine.
-par une qualité de présence s’exprimant dans un contact tactile sécurisant et confirmant, plein de tendresse, en toute transparence et sécurité.

Ce qui fonde le support psychothérapique, c’est une relation affectivo-confirmante qui instaure chez la personne un climat de confiance et un vécu de sécurité interne.
Elle permet d’établir des relations interpersonnelles équilibrées et fluides où l’on peut sans crainte s’exprimer de façon authentique, exprimer ses besoins affectifs dont le plus essentiel est celui de se sentir inconditionnellement reconnu pour qui l’on est.

Dès les premières séances de découverte (voir plus bas : l’haptonomie en pratique), la personne découvre l’autre versant, à savoir que son histoire personnelle l’a amenée à se méfier, à avoir peur de l’autre et peur de dire ce qu’elle ressent vraiment.

La thérapie s’effectue dans la découverte, la reconnaissance et la compréhension de tout ce qui empêche chez lui la fluidité de la relation. Le processus de changement est lié à l’évolution de sa représentation du monde (il existe d’autres types de relations que celles qui l’ont marqué). Cela se vérifie dans l’ici-et-maintenant de la relation thérapeutique et dans sa fluidité.

La thérapie fait appel au désir et au plaisir de vivre qui donnent du sens à la vie.
Reconnectée à ses besoins profonds, la personne accède progressivement à un état de santé psycho-affective et à la possibilité de s’accomplir dans toutes ses potentialités. En développant sa sécurité de base, elle atteint le sentiment de plénitude de son être, son « ipséité » (ce qui fait qu'une personne est unique et absolument distincte d'une autre).

Les grands principes

L’accueil inconditionnel qui reconnaît et confirme la valeur intrinsèque d’une personne est une condition essentielle à son épanouissement.

Le contact tactile respectueux et sécurisant permet de révéler les tensions qui se manifestent dans le corps et de prendre conscience de ses peurs et de ses systèmes de défense.

Le thérapeute assure les conditions d’une bonne relation. Le travail thérapeutique et la guérison des problématiques s’élaborent dans le vécu et la conscience de tout ce que la personne met en œuvre, dans l’ici-et-maintenant de la séance.
La confiance qui s’établit et le sentiment de sécurité développent progressivement la confiance en soi et la sécurité intérieure.

Cette approche privilégie l’écoute des émotions et des ressentis inscrits jusque dans les mémoires corporelles jusqu’aux cellules. Lorsqu’un thème apparait au cours du travail, le corps informe par ses tensions ou ses détentes de la charge émotionnelle dont il est porteur. A son écoute se déploie le processus du dé-nouement des tensions, de dé-contraction, qui signe un état de confiance et de bien-être.

Ce qui est central, c’est l’écoute de l’hapsys : cette intelligence à la base du vivant de tout être (unicellulaire ou beaucoup plus complexe comme l’être humain), intelligence pré-rationnelle et pré-logique qui nous guide vers l’essentiel. Dans l’état de santé psychique, l’âme irradie la raison, et non l’inverse.

Petite histoire de l’haptonomie

La qualité des liens affectifs manifestés par le contact tactile, la présence à l’autre et à soi-même permettent le bon épanouissement de l’être humain. A partir de ce constat, le  néerlandais Frans Veldman (1921-2010). a développé l’haptonomie qu’il appelle « science de l’affectivité »  (il aimait citer Paracelse : « l’art du soin est l’amour »).

L’haptonomie est surtout connue pour l’accompagnement de la grossesse et de la parentalité qui favorise la maturation des liens affectifs entre le père, la mère et l’enfant.
Cependant ses applications sont beaucoup plus vastes : elles concernent les différents domaines du soin et tous les âges de la vie: accompagnement pré et postnatal, hapto-obstétrique, haptopédagogie, haptosynésie, haptopsychothérapie et accompagnement des personnes en fin de vie. 
C’est à Oms (Pyrénées Orientales) que Frans Veldman a crée le CIRDH (Centre International de Recherche et de Développement de l’Haptonomie), qu’il poursuit ses recherches et transmet son enseignement en France dans les années 80.  (Voir plus loin « la formation »)

Bienfaits de l’haptopsychothérapie

Elle
-rétablit la personne dans un état de santé psycho-affective.
-modifie la qualité de présence.
-développe un sentiment de sécurité interne, de confiance en soi et en ses capacités.
-mobilise les ressources liées au désir et au plaisir de vivre.
-développe le discernement qui permet d’accéder progressivement à l’autonomie dans les relations affectives.
-« développe un art de vivre et de mourir pleinement humain » (F. Veldman)

En pratique

Après une prise de contact sur les motivations de la démarche, quand l’approche de l’haptonomie proposée par le thérapeute est acceptée par la personne qui consulte, il y a un protocole de 3 séances de découverte.

Elles permettent une expérience de ce qu’est l’approche haptonomique, une rencontre de l’autre dans la relation. Elles permettent aussi de repérer toutes les limitations, la méfiance et les craintes empêchant la fluidité d’une bonne relation.
Toutes ces restrictions résultent le plus souvent de la construction psychique mise en place dès l’enfance -avec les moyens propres à cet âge ou plus tard en cas de traumatisme ultérieur- afin de répondre au mieux aux peurs, aux frustrations ou aux carences affectives plus ou moins importantes, voire à des traumatismes, des maltraitances, des abus subis au cours de sa vie. L’origine des troubles ou des malaises de la personne qui consulte se trouve dans sa construction psychique de survie, qui a conduit à une certaine représentation interne du monde et à des croyances sur soi et sur les autres. Dans la relation thérapeutique, cette construction limitante évolue grâce à l’expérience d’un autre état d’être.

Après les séances de découverte, chaque séance débute par cette question : qu’est-ce qui, en ce moment, serait bon pour vous, quel est votre besoin, votre envie ? A partir de ce point de départ la séance se déroule, dans le contact tactile -ou pas-, dans le besoin de parler ou de ressentir, dans la conscience des émotions ou des compréhensions nouvelles. Elle se construit dans cette rencontre humaine, dans l’expérience que la présence de l’autre peut être vécue en toute sécurité.

La formation en haptonomie

Je l’ai personnellement effectuée auprès de Frans Veldman à Oms où il résidait et avait fondé le CIRDH.  Peu avant son décès,  la transmission de son enseignement a été  assurée par le CIRDH-Frans Veldman à Paris.
Pour ce qui concerne la formation à l’haptopsychothérapie, elle s’adresse à des thérapeutes déjà formés et ayant une pratique régulière. Elle dure trois ans (dont un an de tronc commun avec les autres spécialisations), un mémoire est exigé 6 mois après la fin de la formation.
Tous les thérapeutes régulièrement formés à l’haptopsychothérapie ne figurent pas dans l’annuaire du CIRDH. N’y figurent que ceux qui continuent à cotiser et à fréquenter le CIRDH-Frans Veldman.     

Contre-indication de la thérapie

Ce sont celles qu’un psychothérapeute non formé à l’haptonomie mentionnerait. Il n’y en a pas de spécifiques à l’haptonomie.

L’avis du thérapeute

Pendant près de 20 ans j’ai pratiqué la psychanalyse ou des psychothérapies d’orientation analytique. J’aurai bientôt autant d’expérience en haptopsychothérapie.
Il m’est évident que cette dernière approche est :
-beaucoup plus efficace : à problématique équivalente, le temps requis est nettement plus court. Par ailleurs la compréhension intellectuelle qui résulte du travail analytique n’est pas forcement « incarnée », les mémoires cellulaires continuant à réagir (par exemple s’il y a eu maltraitance ou abus).
-beaucoup plus satisfaisante sur le plan de la relation humaine qui peut se déployer dans une sécurité et une authenticité, parallèlement au développement du discernement nécessaire pour affronter le monde tel qu’il est.

Bibliographie

-Dr. Dominique Decant-Paoli : « L’haptonomie » Col. Que sais-je.
-Jean Louis Revardel : « Comprendre l’haptonomie » PUF.
-Frans Veldman : « Le défi de la vie » Ed. des presses littéraires.
-Yvan Scetbon : « Les abus sexuels durant l’enfance et leur abord dans les thérapies d’adultes » dans Présence haptonomique n°8 : Actes du IV° congrès international d’haptonomie. Déc. 2005

 

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